L’histoire de Marnay

Marnay-Sur-Seine sur la carte de Cassini

Marnay-Sur-Seine sur la carte de Cassini

La présence humaine sur le territoire de la commune est attestée par des fouilles archéologiques préventives réalisées en 2007 par une équipe de l’INRAP en prévision de la construction d’une usine de fabrication de bioéthanol.
Les vestiges les plus anciens datent du Néolithique (5000 avant notre ère). Ils se composent de structures d’habitats (bâtiments, fosses d’extraction, silo, etc.) et probablement d’une sépulture.
Des agriculteurs se sont installés aux VIe-Ve siècles avant notre ère, à la fin du 1er âge du Fer, créant ainsi une petite ferme d’une superficie de 2 ha. Les traces d’au moins quatre bâtiments de 10 à 20 m², espacés d’une trentaine de mètres signalent la zone d’habitation.
Les populations gallo-romaines ont aussi laissé leurs traces sur ce terroir. L’emplacement de la future usine est traversé dans sa longueur par une route antique parallèle à la Seine et jusqu’alors insoupçonnée.
Durant le Ier ou le IIe siècle de notre ère, un impressionnant monument est construit le long de la voie romaine. Il s’agit d’un mausolée funéraire destiné à magnifier la mémoire d’un personnage important de la région.
Environ 250 sépultures médiévales (VIIe siècle de notre ère) ont été découvertes aux abords de la voie romaine, qui, à cette époque, bien que légèrement moins large, est toujours utilisée.

 

Une église classée du XIIe siècle

Le nom du village Marnay a deux origines possibles :

  1. Une première, celtique, viendrait du mot celte M?trini?com signifiant « domaine de M?trinios ». (Cf. Xavier Delamarre, « Nom de lieux celtiques de l’Europe ancienne », Éd. Errance). Cette origine celte est confortée par un autre nom de lieu, lui aussi de même origine, « (Les) Ouche(s) » venant du mot celte olc?(s). Olca est un mot gaulois passé au français désignant un terrain fertile. (Cf. supra).
  2. Une seconde, romaine, viendrait du nom d’un gentilice romain Madriniacus. Le gentilice est le nom propre à la gens romaine, intercalé entre le prénom et le surnom de l’individu et indiquant la citoyenneté romaine. (Cf. Dictionnaire Larousse). Des cultes gentilices étaient propres à certaines gentes, c’est à dire à certains clans patriciens… (Cf. Encyclopédia Universalis).

Ces deux origines ont le même sens, Marnay était le domaine de propriétaires celtes puis romains. Les romains ont-ils succédé aux celtes ou les celtes se sont-ils romanisés comme la proximité des noms peut le laisser penser?

Une charte de Charles le Chauve datée de 859 atteste de l’existence de Marnay. Le 31 août 859, le petit-fils de Charlemagne donne le village de Madriniacus (Marnay) à l’abbaye de Saint-Denis-en-France. Ce don, destiné à y établir un monastère est entériné par les évêques réunis au Concile de Pitres le 25 juin 861.

L’église du village date du premier tiers du XIIe siècle. Elle conserve de cette époque une fresque murale (curieux bestiaire). C’est à cette période de l’histoire que Bernard de Clairvaux plaide pour la deuxième croisade. Une modification importante de l’édifice avec la construction du clocher date du XVIe siècle. Lors de la construction du pont sur la Seine, la sacristie située à l’emplacement de la route actuelle a été détruite puis reconstruite dans la cour de l’église au sud de l’édifice.

Le pont de Marnay-Sur-Seine

Le pont de Marnay-Sur-Seine

Le premier pont sur la Seine a été édifié en 1856. Avant sa réalisation, la Seine était traversée à gué pendant l’étiage et en bac le reste du temps. Le bac et ses agrès servant au passage de la rivière ont été achetés au « Sieur » Oudiette Emmanuel pour la somme de trois cents francs. (Séance extraordinaire du conseil municipal du 8 janvier 1849 présidée par Mr. Delaunay, maire, à la demande du Sous-préfet.).

L’écluse sur le canal date des années 1850. C’est à cette époque que la ligne de chemin de fer est construite. La halte fut inaugurée le 5 juillet 1896.
Jusqu’au début du 19éme siècle, Marnay était entouré d’eau, d’où, sur certains documents de la mention de « île de Marnay ». Des noues traversaient le village et deux petits ponts de pierre étaient édifiés dans l’actuelle Grande Rue.

Et en guise de conclusion, cette citation attendrissante que vous trouverez à la dernière page de la « Notice sur Marnay » de Théophile Degois ci-dessous.

Bibliographie